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Producteurs leaders : des agriculteurs au chevet de leurs pairs


Producteur relais, animateurs endogènes ou tout simplement producteurs leaders, Haoua Kindo et Noufou Ouédraogo sont des conseillers de proximité pour les riziculteurs de leurs villages.  Formés par GRAD Consulting Group dans le cadre du Projet « Diffusion à grande échelle des technologies de gestion intégrée de la fertilité des sols[1] », ces animateurs endogènes font figure de personnes ressources locales en matière de vulgarisation et d’appropriation de technologies adaptées de production. Leur seule motivation : la satisfaction d’être utile à leur communauté.

[1] En anglais SISFeM (Scaling-out Integrated Soil Fertility Management Technologies to Improve Smallholder Farmers Livelihood in Burkina Faso)

 

en leur apprenant l’approche SRI/PPU » argumente Noufou Ouédraogo. Grâce à leur détermination et leur sens du dévouement, Haoua et Noufou sont devenus des personnes influentes dans leurs villages respectifs. « Quand il y a des informations ou des conseils à donner, Haoua se déplace vers les producteurs. Elle fait le suivi de la production. Par exemple, elle s’assure que la pépinière est faite à temps, que les consignes pour une bonne production sont respectées, que le repiquage et l'application des engrais se font dans les délais, etc. Nous apprécions positivement son appui » reconnait Mahamoudou Gansonré, producteur de riz et Président du Groupement Wend-

Haoua en tournée d’observation sur le périmètre irrigué du village de Nakoalba

Panga des producteurs de riz de Nakoalba.

 

Pour disposer des compétences nécessaires à leur travail, Haoua et Noufou ont bénéficié de plusieurs formations sur les technologies SRI et PPU grâce à l’appui de GRAD Consulting Group dans le cadre de la mise en œuvre du Projet SISFeM. Au total, le Projet SISFeM a formé 36 producteurs leaders (22 pour la filière riz et 14 pour la filière niébé). Les producteurs leaders ont été formés sur l’ensemble de l’itinéraire technique de production du riz: Comment réaliser des pépinières, les précautions à prendre avant de planter le riz, l’utilisation des intrants (semences, urée, fumure organique), le labour, la gestion rationnelle de l’eau, tous ces aspects ont été abordés pour s’assurer qu’ils disposent des compétences nécessaires pour jouer pleinement leur rôle au sein de la communauté. Un accent particulier est mis sur le respect du calendrier cultural en campagne humide et en campagne sèche.

Sans salaire, mais fiers de servir

Sans rémunération, les producteurs leaders donnent de leur temps pour de meilleurs rendements sur les périmètres. « Ce n’est pas simple de suivre 5 personnes à la fois. Souvent, je veux les regrouper pour échanger, mais ils ne viennent pas tous aux rencontres. Je dois donc me déplacer vers eux. Nous, les femmes, on a d’autres occupations et il faut savoir concilier cela avec l’appui-conseil aux producteurs » avoue Haoua Kindo. Pour Noufou Sawadogo, la réalité est beaucoup plus stressante. De 16 personnes au départ à pratiquer le SRI/PPU, aujourd’hui près de 173 personnes ont adopté cette méthode de production du riz. Même s’il ne suit pas toutes ces personnes, la demande est de plus en plus grandissante.  « La difficulté de ce travail, c’est le carburant pour les déplacements. On nous donne l’argent de carburant, mais ce n’est pas suffisant. En plus, en saison pluvieuse, il est souvent difficile de concilier cette activité avec nos activités personnelles » déclare Noufou.

 

Grâce à la production du riz, Noufou Sawadogo au pu s’acheter une moto

Plus que l’intérêt personnel, ce qui semble animer les producteurs leaders, c’est le sentiment de rendre service à leurs pairs. Ali Ouédraogo est riziculteur à Basma. Il témoigne : «  je suis vraiment satisfait du travail qu’il fait. Avec les champs écoles, beaucoup de personnes ont adopté l’approche SRI/PPU. Ces gens ont pu constater une augmentation des rendements. Sur 20 ares de superficies exploitées, certains ont pu obtenir autour de 14 sacs de 100 Kg de riz paddy (environ 7 tonnes à l’ha) ». Pour Noufou, l’appui-conseil de proximité qu’il donne aux riziculteurs lui est également bénéfique. Pour être un bon exemple, il faut soi-même produire et faire de bons rendements. Ce qui est le cas pour lui. « Avec ce que je gagne dans la production du riz, une partie est utilisée dans l'autoconsommation, et l’autre  partie est vendu. Lle revenu nous permet de  nous soigner et de payer la scolarité de mes enfants. J’ai également pu acheter un bœuf que j’ai vendu plus tard pour acheter une moto. C’est un travail que j’aime car il est bénéfique ». conclut-il.