On Screen Facebook Popup by Infofru

Receive all updates via Facebook. Just Click the Like Button Below

Close

Remis au goût du jour, la technologie SRI/PPU transforme la vie de productrices de riz

Asseta Bamogo

  A Nakoalba, à une soixantaine de km de Ouagadougou la capitale, vit Assèta Bamogo. Mariée et mère de 4 enfants, Assèta compte plus de 30 ans d’expérience dans la production du riz. Début 2016, elle découvre le Projet « Diffusion à grande échelle des technologies de gestion intégrée de la fertilité des sols » mis en œuvre par GRAD Consulting Group et financé par AGRA. Dès la deuxième campagne, Assèta améliore ses rendements, grâce à un appui à la carte. . Découvrez, comment et pourquoi ? 

  

« Avant l'introduction par le projet SISFeM/GRAD de la technologie SRI/PPU, nous avions l’habitude de récolter 4 sacs de 100 kg de riz paddy, souvent moins que cela. Mais aujourd’hui, avec le SRI/PPU, j’ai pu récolter 14sacs de 100 kg ». Ces propos sont de Assèta Bamogo, une agricultrice du village de Nakoalba située dans la commune de Zitenga à une soixantaine de Km de Ouagadougou.  Dans les allées du périmètre aménagé du barrage de Nakoalba, Assèta marche la tête haute, fière de ce qu’elle accomplit depuis maintenant deux ans. Elle est devenue productrice modèle, grâce à son engagement au travail et à une bonne maîtrise de la technologie. Désormais, Assèta ne connait plus la faim. « A la fin de chaque campagne, je prélève une partie de ma récolte que je garde pour la consommation de la famille et pour faire face à certaines dépenses ultérieures. Le reste est valorisé sur le marché local pour faire face aux besoins immédiats de scolarisation et de santé. En famille, on essaie aussi de varier les mets en introduisant le riz. A la période de soudure,  on vend une partie du stock de riz pour acheter le mil. La production du riz est vraiment très bénéfique. Je n’ai plus besoin d’aller emprunter de l’argent » explique Assèta avec enthousiasme.

Pourtant, tout n’a pas toujours été aussi rose. Comme partout, dans la province du Sanmatenga, les exploitations paysannes font face à d’énormes défis. Irrégularité des pluies, baisse des rendements agricoles, augmentation des coûts de production, poches de sécheresse, le changement climatique éprouve les agriculteurs. A cela s’ajoute, le difficile accès aux intrants combiné à la faible capacité financière des producteurs à s'approvisionner en semences de qualité pour faire face à l’appauvrissement des sols. Assèta connait bien ces difficultés qu’elle a appris à combattre à sa manière et avec l'appui du projet SISFeM/GRAD. Haoua Kindo est une productrice leader formée à la méthodologie SRI/PPU dans le cadre de la mise en œuvre du Projet SISFeM. Depuis deux ans, c’est elle qui assure l’appui-conseil et le suivi technique de la production de Assèta.  « Le succès de Assèta s’explique par le sérieux et l’engagement au travail dont elle a fait montre dans la production du riz. Ella a correctement suivi l’itinéraire technique. Elle a fait le désherbage quand c'est nécessaire pour éviter que sa parcelle ne soit envahie de mauvaises herbes » apprécie Haoua Kindo. Avec l’appui des agents de services techniques de l’Etat, et des cadres du projet SISFeM/GRAD, des champs écoles ont été mis en places sur le périmètre de Nakoalba afin de renforcer la confiance des producteurs dans l’adoption des technologies promues. Ces démonstrations ont permis, grâce à l’évaluation des rendements, de faire la part des choses entre les méthodes traditionnelles et les champs utilisant des technologies SRI/PPU. Si Assèta s’est approprié la technologie SRI/PPU, c’est aussi grâce au pouvoir de persuasion de ces champs écoles. « Depuis que nous avons été attributaire de la parcelle au niveau du périmètre aménagé, on réalisait les pépinières à plusieurs. Moi, j’apportais par exemple 3 Assiettées (8 kg) de semences, ma voisine 3 Assiettées (8 kg) également et on versait la totalité sur la pépinière. Puis, on repiquait le tout (15-20 plants/poquet) sur nos parcelles de 20 ares. Malgré la quantité importante de semence utilisée, les rendements ne dépassaient guère 4 T/ha. Mais avec les conseils qu’on a reçus des techniciens, et avec moins d’un kg de semence utilisée, j'obtiens nettement plus en appliquant la SRI/PPU.  J’ai été celle qui a obtenu les meilleures performances parmi les 5 producteurs (2 femmes et 3 hommes) qui ont testé la technologie sur le périmètre » raconte-t-elle avec fierté.

Au-delà de cet appui technique de proximité, Assèta comme certains membres du Groupement Wend-Panga, qui exploitent le périmètre de Nakoalba, a pu bénéficier du mécanisme d’accès aux intrants mis en place par le Projet. Ainsi, avec une caution de 6 000 F CFA, Assèta au pu accéder à un sac d’engrais remboursable en nature après les récoltes. En milieu rural, l’accès aux engrais de qualité est un réel frein à la productivité agricole. « Avant, j’avais vraiment d’énormes difficultés pour acheter les engrais pour appliquer sur ma parcelle. Si tu n’as pas d’argent cash, c’est difficile. Le système accès aux intrants mis en place nous a vraiment facilité la tâche » confie Assèta Bamogo.

Aujourd’hui débarrassé de la famine, Assèta Bamogo a commencé à se diversifier. Autant que la disponibilité en eau du barrage le permet, elle produit des secondes cultures telles que l’oignon et le gombo. Même si la vente de ces produits lui permet d’améliorer la qualité de sa popote, ils ne sont pas près de déloger le riz. Devenu une denrée de base pour de plus en plus de populations, la demande en riz ne fait que croître sous l’effet de la démographie galopante. En Afrique de l’Ouest[1], la consommation moyenne annuelle par habitant va crescendo : 10 kilos en 1961, 26 kilos en 1981, 34 kilos en 2009 et 53 kilos à l’horizon 2025. Autant dire que Assèta et son activité ont encore un bel avenir.

 

[1] Sources : Dynamiques paysannes, N°44, Décembre 2017